Toulouse, le 8 décembre 2002

Téléphones portables : du GSM au « visiophone », la technique évolue, les risques aussi !

A de très nombreuses reprises, Daniel DEPRIS, président du CEPHES, a tiré la sonnette d’alarme en ce qui concerne les nuisances générées par les radiotéléphones de tous types, et ce, depuis 1980 (voir « Ces ondes qui nous feront mourir un jour » - 1981).

On l’a longtemps traité de fou et d’alarmiste mais, depuis quelques années, les rapports médicaux et les études scientifiques commencent à lui donner raison. Trop tard, beaucoup trop tard, puisque des centaines de millions d’appareils sont dans les mains d’utilisateurs qui ne sont pas conscients des dangers qu’ils courent. Pire encore, ils sont carrément désinformés par les industriels des télécom-munications, les pouvoirs publics et la grande presse (voir notre communiqué 080-02). Car pour tout ce « beau monde », le « business » passa avant tout, y compris avant les impératifs de santé publique !

On voit à présent apparaître sur le marché les premiers « visiophones portables », ces GSM-DCS qui permettent de transmettre à la fois le son et l’image. Développés dès le début des années 90, ils comportent une mini caméra qui est incorporée dans le boîtier du téléphone portable ou qui se fixe sur celui-ci.

Comme nous l’avons maintes fois répété, ce matériel est encore plus dangereux que le GSM ordinaire car, pour se filmer tout en parlant avec son correspondant, l’utilisateur doit maintenir l’appareil devant lui. Or, même si l’on tient le GSM-DCS à bout de bras, il n’est guère qu’à une cinquantaine de centimètres de la tête, donc des yeux. Et c’est bien là que se situe le problème puisque l’on sait, depuis fort longtemps, que l’œil est sans nul doute l’organe le plus sensible aux rayonnements électromagnétiques. Et pour cause puisqu’il n’est rien d’autre qu’un capteur d’ondes électromagnétiques (la lumière).

Daniel DEPRIS évoque toujours l’accident qui est survenu à un radio-amateur belge (Marcel Gillissens ON4UV), un « vieux de la vieille » qui avait obtenu sa licence d’émission en 1933 et qui pourtant perdit un œil en manipulant un petit émetteur d’hyperfréquences dont la puissance n’était que de 300 milliwatts (0,3 Watt). Cet émetteur se trouvait à environ 30 cm de sa tête et le cristallin fut détruit pour une durée d’exposition qui dépassa à peine la demi-heure. Les faits ont été relatés par Jacques DAPOZ dans son livre intitulé « Téléphones portables » (aux Editions Talus d’Approche – Mons – 1999) et lorsque celui-ci rencontra le Pr André Vander Vorst (voir le « Who’s Who » de notre site Internet http://depris.cephes.free.fr), l’éminent directeur du laboratoire des hyperfréquences de l’université de Louvain-la-Neuve, celui-ci déclara que ce type d’accident s’expliquait parfaitement sur le plan scientifique et qu’il n’avait rien d’impossible.

C’est ce que le CEPHES avait toujours dit depuis 1986 mais, pour une fois, un spécialiste de renommée internationale confirmait nos affirmations.

Dès lors, si l’on sait qu’un téléphone portable peut développer une puissance allant jusqu’à 2 watts, nous observons que la densité de puissance ainsi générée serait, à 50 cm de l’œil, supérieure à celle que produisit le petit émetteur-étalon du radio-amateur ON4UV. On peut donc en conclure que les « visiophones de poche » constituent un très réel danger pour les yeux des utilisateurs. Leur mise en vente et leur utilisation devrait donc être INTERDITE par les autorités ayant compétence en matière de protection de la santé.

Rien, cependant, n’a été fait en ce sens et les publicités alléchantes commencent à fleurir un peu partout.

Le CEPHES aura rempli sa mission en matière d’information mais c’est, hélas, tout ce que nous pouvons faire pour l’instant. Les pressions qu’exerce le lobby des télécommunications sont telles que les gouvernements en sont littéralement paralysés. Que peuvent faire une poignée de spécialistes (comme Daniel Depris et André Vander Vorst) face aux chantres de l’ultralibéralisme qui usent du classique chantage à l’emploi pour faire valoir leurs méprisables arguments ?

Nous devrons attendre que les premiers accidents aient été dûment recensés pour pouvoir intenter des actions en justice. Car du « principe de précaution », personne, dans les milieux dits « compétents », ne veut entendre parler. Et ne comptons pas sur la « grande presse » pour dévoiler le pot-aux-roses. Elle n’a pas envie de se brouiller avec ses principaux annonceurs et pourvoyeurs de fonds (voir notre communiqué 080-02) !



Ci-dessous, une illustration extraite du récent ouvrage de Daniel DEPRIS (« Les ondes de la mort », voir la rubrique « publications » de notre site Internet http://depris.cephes.free.fr).

Les autres illustrations sont des documents publicitaires pour les nouvelles séries de GSM-DCS dotés d’une mini-caméra qui peut aussi prendre des photos numériques. La transmission simultanée du son et de l’image est actuellement freinée du fait des retards intervenus dans la mise en place des réseaux UMTS (transmissions numériques à grand débit pour la radiotéléphonie). Ces retards sont en grande partie imputables aux actions menées par des groupements de citoyens qui s’opposent à l’implantation d’antennes-relais. Ces actions demeurent cependant sporadiques et localisées. Elles sont aussi, et c’est très regrettable, focalisées sur les systèmes de radiotéléphonie, les animateurs de ces groupements n’ayant jamais été capables de prendre conscience de la globalité du problème (comme l’ont fait l’AURORE et le CEPHES dès 1980). Il n’est donc pas impossible que les manœuvres de lobbying industriel et commercial finissent par passer outre des blocages pour permettre la mise en exploitation des réseaux UMTS ou de technologies de remplacement (il existe plusieurs solutions de substitution au procédé UMTS).



Les visiophones de poche, en cours de commercialisation en ce début du XXIe siècle, sont une réelle menace pour les yeux des utilisateurs. Ils devraient être interdits à la vente puisque, par leur principe même, ils exigent que le portable, et son antenne d’émission, soient tenus face aux yeux et à courte distance du visage (max. 50-60 cm quand l’appareil est tenu à bout de bras). C’est ce que démontre le dessin ci-dessus (extrait du manuscrit de mon ouvrage consacré à la radiotéléphonie et aux risques sanitaires qu’elle implique). A droite, l’un des prototypes commerciaux de visiophone de poche. Le risque serait maximum pour un utilisateur de visiophone portant des lentilles de contact. Pour un portable de 1 ou 2 watts émettant au maximum de sa puissance, le cristallin pourrait être gravement atteint pour une exposition inférieure à une heure.